BITCOINS : des centaines de dépanneurs en vendent… sans même le savoir!

« Bonjour. J’aimerais acheter des bitcoins, svp. »

Yumin Li, propriétaire du Dépanneur Bleu sur la rue Valiquette à Sainte-Adèle, me fixe comme si j’étais un extraterrestre.

« Des bitcoins? Je ne sais même pas ce que c’est! Je ne vends pas de ça ici! »

« Bien sûr que vous en vendez. Regardez sur mon cellulaire, c’est écrit ici sur la carte du site bitaccess.com! ».

Sur ce, il voit le nom et l’adresse de son commerce, le Dépanneur Bleu, écrit en noir sur blanc sur la carte du site Bitaccess, qui indique tous les endroits au Québec où l’on peut se procurer des bitcoins.

Le nom du Dépanneur Bleu apparaît bel et bien sur le site mondial Bitaccess.com

En effet, cette fameuse monnaie électronique dont on entend tant parler et qui monte et descend en valeur plus vite que les montagnes russes de La Ronde, peut désormais être achetée dans plusieurs centaines de dépanneurs au Québec.

Comme des centaines de propriétaires de dépanneurs au Québec, M. Li ne savait pas qu’en plus de la bière, du lait et des cigarettes, il vendait aussi des bitcoins!

On peut se les procurer — indirectement bien sûr — en achetant des bons de paiement Flexepin émis par les terminaux Payment Source qui sont utilisés principalement pour recharger les cartes d’appels, les cartes cadeaux, les cartes de jeux en ligne et autres.

Le bon de paiement Flexepin est émis par le terminal Payment Source qui sert également à recharger une foule de cartes d’appel et cadeaux.

La procédure est simple : les bons de paiement Flexepin sont offerts en montants de 20 $, 50 $, 100 $, 250 $, 300 $ ou 500 $. Une fois le paiement complété (comptant ou débit seulement), le détaillant extrait le bon du terminal de Payment Source comme il le ferait pour recharger une carte d’appel Virgin. Il programme la transaction et remet ensuite au client un reçu imprimé par le terminal qui comprend un numéro PIN à 16 chiffres ainsi qu’un code barre. Le client peut ensuite utiliser ce numéro pour acheter en ligne des bitcoins de manière totalement anonyme (la vidéo suivante indique comment faire).

Le terminal émet un code à 16 chiffres qui, une fois entré dans le site bitaccess.com, créditera le compte du montant versé en bitcoins, selon le taux du marché en vigueur. On a jusqu’à un an pour faire l’échange.

DepQuébec a fait l’achat d’un bon de 20 $ et s’est vu facturer des frais de 1,95 $. Cela équivaut à presque 10 % mais ces frais auraient diminué en proportion si le montant du bon acheté avait été plus élevé, comme par exemple, 100 $ ou plus. Aussi, il est important de noter que ces achats ne sont pas taxables.

Tous les achats sont finaux et doivent être comptant ou débit. Aucune carte de crédit n’est acceptée.

Des bons qui ne servent qu’à ça

Les bons de paiement en ligne Flexepin peuvent servir, en théorie, à acheter une foule de choses autres que des bitcoins. Sauf que vérification faite, pas grand monde ne les acceptent : en tout cas ni Amazon, ni Best Buy, ni d’autres grandes boutiques consultées. Il faut dire que ce produit n’est disponible qu’en Australie (ou il a été créé), au Canada depuis mars 2016 et en Grèce. Ce n’est pas donc pas très répandu pour le moment.

Il semblerait donc qu’en réalité, sa principale raison d’être soit de pouvoir acheter des bitcoins en payant comptant. Le site Bitaccess, pour sa part, permet d’échanger les bons Flexepin contre des bitcoins, mais il n’est pas le seul (ex: voici un autre site). Il offre ainsi une liste de tous les magasins au Canada qui vendent des bons Flexepin, dont une carte interactive disponible ici. Un survol rapide de cette carte Bitaccess nous indique que plusieurs centaines de commerce au Québec offre les bons Flexepin, la vaste majorité, soit plus de 90 %, étant des dépanneurs et stations-service.

Très peu de grandes chaînes ou bannières l’offrent présentement : la seule en fait que nous avons vue est Canadian Tire (stations d’essence). Couche-Tard ne l’offre pas : nous avons vérifié et la chaîne n’en vend pas. Toutefois, la carte Bitaccess indique qu’au moins un Provi-Soir, un Omni et un Super Sagamie l’offre.

La vaste majorité sont donc des dépanneurs et épiceries indépendants, situés un peu partout au Québec, même dans les régions éloignées. D’autres types de commerces que les dépanneurs offrent aussi ce service : les magasins de cellulaires, les magasins d’électroniques, etc.

Sur Bitaccess, vous ne pouvez pas acheter plus de 2 000 $ de bitcoins par jour. Toutefois, étant donné que les transactions au dépanneur sont au comptant ou par débit, il n’y a pas de limite sur le nombre de bons que vous pouvez acheter.

L’avantage des dépanneurs : acheter des bitcoins en payant comptant

Mais pourquoi diable quelqu’un irait-il acheter des bitcoins dans un dépanneur plutôt que directement en ligne? Parce que c’est une façon commode de les payer comptant, assurant ainsi un anonymat complet de l’acheteur. Il semblerait aussi que les frais de transaction soient moins élevés en achetant au dépanneur qu’en ligne, mais cela demeure à être vérifié.

Et pourquoi acheter des bitcoins? Pour spéculer sur cette monnaie, qui valait tantôt 400 $ et aujourd’hui, 3 300 $! Qui sait : elle pourrait bien valoir 10 000 $ dans trois ans…  tout comme 200 $ : à vos risques et périls. L’autre raison est la confidentialité de transaction en ligne, bien que d’autres moyens existent que les bitcoins (ex : une carte de crédit payée d’avance).

Enfin, ce pourrait aussi être un paradis fiscal, puisque bitcoin est comme un compte de banque Suisse : totalement anonyme. À la différence près que n’importe qui, avec n’importe quel montant, peut en profiter… depuis qu’il est offert chez votre dépanneur préféré!

Qui eut pensé que ce modeste dépanneur, comme des centaines d’autres au Québec, cache désormais un haut lieu d’achat de la monnaie électronique légendaire la plus populaire au monde?

DepQuébec

Cet article est rédigé par DepQuébec, le premier portail web au Québec de l'industrie des dépanneurs. / This article is written by DepQuebec, the first web portal devoted to the Quebec depanneur industry.

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