Cannabis : La ministre admet être perdue et dépassée

« C’est une très bonne question à laquelle je n’ai pas de réponse. Je ne vous mentirai pas, quand je n’ai pas de réponse, je le dis bien candidement », a répondu la ministre.

C’est rare qu’on entend un aveu aussi candide de la part d’un ministre en poste, et c’est ce qui rend l’enjeu des plus intéressants.

Alors que la légalisation prochaine du cannabis est prévue pour le 1er juillet 2018 et que cette date est immuable, les gouvernements provinciaux se voient forcés d’accélérer la réflexion afin de déterminer comment ils vont légiférer pour encadrer la production, la distribution et la vente du produit dans leurs provinces. On assiste donc à un véritable festival de consultations qui va culminer en septembre.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a tenu un Forum d’experts en juin dernier et procède actuellement à des consultations auprès du public, des organisations et des entreprises.

Déjà quatre consultations publiques se sont déroulées au mois d’août, soit à Québec, au Saguenay, à Rimouski et à Trois-Rivières.

En septembre, trois autres sont prévues à Montréal, Gatineau et Granby (voir horaire ici).

En plus de ce grand brasse-méninges, les députés fédéraux du Québec tiennent aussi leurs propres séances de consultations auxquelles le public est invité.

Par exemple, les députés libéraux Linda Lapointe de Rivière-des-Milles-Îles et Ramez Ayoub de Thérèse-de-Blainville tiennent ensemble une séance de consultation conjointe le 13 septembre prochain à Blainville.

Pour ce qui est de la consultation provinciale, chaque rencontre est l’occasion d’aborder trois thématiques : la prévention, la mise en marché (lieux et conditions de vente, âge minimum, taxes, etc) et la sécurité.

Sur le plan de la mise en marché, tous les scénarios sont débattus, bien que l’on sache déjà que le lit du gouvernement est fait sur ce plan et qu’il exclut d’emblée la vente en dépanneur.

On entend de tout

Durant ces consultations, nombreux sont ceux qui disent souhaiter voir le produit encadré par des fonctionnaires, comme si les taxes n’étaient pas assez élevées au Québec et que la preuve de leur incompétence généralisée, que ce soit pour l’entretien des routes, des canalisations d’eau ou encore la gestion des urgences d’hôpitaux, n’était pas encore suffisamment établie.

Toutefois, une fois les pulsions de contrôles et d’encadrement exprimées, la réalité prend vite le dessus :

  • si les taxes sont trop élevées, le crime organisé va continuer d’avoir la main haute sur le produit;
  • si on met l’âge légal à 21 ans, cela n’empêchera pas les jeunes de 15-16 ans de s’en procurer dans les cours d’école;
  • si on limite la vente à des magasins spécialisés, le produit restera inaccessible et les consommateurs continueront à s’approvisionner auprès des criminels;
  • si on autorise la vente exclusivement dans un réseau d’État, que faire des ventes en ligne?
  • aussi, question cruciale : doit-on permettre des marques sur les paquets de cannabis alors qu’on veut les enlever sur le tabac?

Ce qui ressort clairement est que l’ensemble des intervenants en santé, en éducation et en sécurité publique sont bousculés, inquiets et frustrés par la rapidité avec laquelle on procède dans ce dossier.

La ministre de la Santé publique, Mme Charlebois, avoue candidement qu’elle est elle-même dépassée.

Par exemple, selon La Presse, sur la question des lieux où il pourrait être permis de vendre de la marijuana au Québec, elle a dit que son choix n’est pas encore fait entre confier le mandat à des entreprises privées – idée que dénoncent plusieurs experts en santé publique – ou bien à des OSBL ou à une société d’État (permettez-nous toutefois d’être sceptique : dans les faits, elle n’a aucunement l’intention de confier la distribution aux dépanneurs). Elle admet que l’économie numérique brouille les cartes. Que pourrait faire Québec si une autre province encadrait différemment la vente et permettait la commercialisation en ligne ?

« C’est une très bonne question à laquelle je n’ai pas de réponse. Je ne vous mentirai pas, quand je n’ai pas de réponse, je le dis bien candidement », a répondu la ministre.

Perdue et dépassée, en effet!

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