Ottawa songe à HAUSSER À 21 ANS l’âge minimum pour acheter du tabac

Les dépanneurs habitués à placer la barre à 18 ans pour la vente de tabac pourraient bientôt être forcés de revoir leurs pratiques… à la hausse.

En effet, dans un document de réflexion intitulé Saisir l’occasion dévoilé le 22 février dernier, le gouvernement fédéral propose aux Canadiens de hausser à 21 ans l’âge minimum pour acheter du tabac.

Les Canadiens sont invités à se prononcer sur cette idée dans le cadre d’une vaste consultation en ligne visant à redéfinir la stratégie de lutte au tabagisme au pays pour la prochaine décennie.

Après avoir rappelé les ravages du tabagisme sur la santé et la détermination du gouvernement, Ottawa se fixe l’objectif très ambitieux (mais très lointain) de réduire le tabagisme à 5 % en 2035. Toutefois, il rappelle que divers gouvernements, dont celui du Québec, ont déjà adopté de tels objectifs dont 10 % pour le Québec en 2025, soit d’ici huit ans, ce qui représenterait une diminution de moitié environ du nombre de fumeurs actuel (voir tableau ci-joint) :

Dans son document de réflexion, Ottawa rappelle l’objectif de réduction du tabagisme de moitié au Québec d’ici les huit prochaines années.

 

Que représenterait une telle diminution en terme de ventes? Il est légitime pour les détaillants de se poser la question.

En 2015, si on se fie au tableau suivant et à divers ratios, les dépanneurs vendaient en moyenne 66 cartouches de tabac par semaine. Ce nombre diminuerait donc à 33 dans huit ans, advenant que Québec atteigne ses objectifs.

Le volume de ventes de cigarettes au Québec est resté relativement stable depuis 10 ans, mais tend à baisser légèrement depuis quelques années.

Il est loin d’être acquis toutefois que les gouvernements réussissent étant donné que le choix de fumer des personnes adultes repose sur leur libre-arbitre.

En revanche, les détaillants de tabac doivent demeurer lucides quant à la détermination des gouvernements à diminuer la demande, en particulier celle des jeunes.

Sans recourir à la prohibition pure, ils ont montré un penchant certain envers la prohibition détournée, qu’il s’agisse de taxes excessives, d’interdiction de saveurs et d’une réglementation tous azimuts dont la liste serait trop longue à énumérer.

Il faut rappeler aussi qu’avec ou sans l’aide des gouvernements, la demande de tabac connait un déclin soutenu depuis 50 ans, bien que depuis 10 ans, le volume de tabac légal vendu au Québec soit demeuré à peu près stable, surtout après que les gouvernements se soit attaqués avec plus de vigueur à la contrebande de tabac en 2008.

Pour atteindre son objectif, le gouvernement fédéral propose essentiellement quatre options :

Parmi les options proposées figurent la hausse de l’âge minimal pour acheter du tabac mais aussi, une lutte accrue à la contrebande de tabac.

 

Les détaillants seront encouragés de voir le ministère de la Santé hisser la lutte à la contrebande parmi ses grandes priorités, une des revendications de longue date de l’ndustrie.

Ce qui est paradoxal, en revanche, est de voir le gouvernement réitérer en même temps sa promesse populiste d’adopter l’emballage neutre et uniformisé pour tous les paquets de cigarettes, ce qui va aider dans les faits les contrebandiers à produire des paquets aux apparences légales et ainsi confondre la clientèle comme jamais auparavant, qu’il y ait un timbre ou non sur le paquet.

Aussi, pour ce qui est de l’âge minimum à 21 ans, on peut se demander comment les détaillants feraient pour gérer les différents seuils d’âge : 18 ans pour l’alcool, les feux d’artifices, les magazines pour adultes, mais 21 pour le tabac?

18 ans pour voter, mais 21 pour fumer?

Que signifierait alors être adulte au Canada?

La consultation du fédéral sera en ligne sur le site canada.ca/Sante pendant 7 semaines, soit du 22 février au 13 avril 2017.

Les personnes intéressées, groupes, entreprises, individus et autres doivent transmettre leur avis et mémoire au courriel suivant.

N’hésitez pas à participer et à faire valoir votre point de vue!

DepQuébec

Cet article est rédigé par DepQuébec, le premier portail web au Québec de l'industrie des dépanneurs. / This article is written by DepQuebec, the first web portal devoted to the Quebec depanneur industry.

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