Le Québec, dernier bastion au pays à vendre une cartouche de tabac à moins de 100 $

Dans la foulée du récent budget fédéral, les taxes sur le tabac ont connu une forte augmentation surprise, c’est le moins qu’on puisse dire.

En effet, Bill Morneau, ministre fédéral des finances, a choisi de devancer la hausse de taxes sur le tabac prévue en 2019 et qui devait refléter l’inflation au pays entre 2014 et 2019.

Après de savants calculs, soit celui du taux d’inflation entre 2014 et 2018, il a convenu d’ajouter 1,29 $ à la cartouche dès le 28 février 2018, auquel montant il a également décidé d’ajouter 1 $ pour faire bonne mesure et ce, pour un total de 2,29 $.

Ajoutez à cette hausse celle de la plupart des manufacturiers et nous nous retrouvons avec une cartouche plus chère d’environ 2,75 $ et ce, à travers le pays.

Il s’agit donc de 34 cents le paquet de plus, juste en taxes, auquel s’ajoute la TPS en bout de ligne.

Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu de telles hausses d’un océan à l’autre… et bien entendu, c’est loin d’être terminé.

Qui donc accepte de payer 100$ en taxes pour une simple cartouche?

Forte des dernières hausses fédérales, les prix moyens de la cartouche de tabac ont continué leur progression spectaculaire, si on en croit les données suivantes extrapolées à partir des données du NSRA (Non-Smokers’ Rights Association – voir document ici).

PRIX MOYENS DE LA CARTOUCHE DE TABAC – MARS 2018

  • Manitoba : 140,35 $
  • Île-du-Prince-Édouard : 134,04 $
  • Nouvelle-Écosse : 133,00 $
  • Saskatchewan : 131,86 $
  • Terre-Neuve et Labrador : 125,63 $
  • Alberta : 119,01 $
  • Nouveau-Brunswick : 119,29 $
  • Colombie-Britannique : 111,15 $
  • Ontario : 105,51 $
  • Québec : 96,84 $

Pour vous dire à quel point ces prix sont gonflés à l’hélium par les taxes, celles-ci représentent 98,99 $ au Manitoba sur une cartouche de 140,35 $, soit 70,5 % du prix total… que des taxes!

Donc pour fumer une cartouche, un consommateur là-bas doit verser 100 $ aux différentes gouvernements en taxes pures. C’est beaucoup d’argent.

Vers une cartouche à 200$, ou comment prohiber un produit par le prix

L’augmentation excessive des taxes sur le tabac va vraisemblablement se poursuivre jusqu’à ce que les consommateurs cessent d’acheter ces produits : c’est ce qu’on appelle la prohibition par le prix.

Cette mesure ne rapporte que des gains pour les gouvernements et les politiciens :

  • cela fait l’affaire des groupes de santé qui la réclament à grands cris;
  • cela rapporte plus de revenus à l’État et aide aussi à compenser pour des volumes moindres;
  • la majorité de la population non-fumeuse s’en balance complètement;
  • et quant aux fumeurs, eux-mêmes se sentent souvent coupables de poursuivre leur vilaine habitude et voient ces taxes comme un mal nécessaire.

Toutefois, outre la contrebande de tabac qui est significative au Québec et endémique en Ontario, cette politique occasionne de nombreux inconvénients pour les détaillants.

  • Il leur faut consacrer une plus grande part de liquidités pour maintenir leur inventaire;
  • Ce dernier attire de plus en plus la convoitise des voleurs en raison de sa valeur accrue;
  • Et cela demeure une catégorie de produits sur laquelle est suspendue une épée de Damoclès.

La question est de savoir combien de temps encore cette catégorie pourra générer des revenus et surtout, par quoi la remplacer lorsque viendra le moment où elle manquera carrément de demande vu les prix prohibitifs.

Méchante bonne question!

DepQuébec

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