Le salaire minimum à 15 $ est beaucoup trop cher pour les petits dépanneurs

Qu’arriverait-il si le Québec imitait l’Ontario et ferait passer d’un coup le salaire minimum actuel de 11,25$ à 15$/heure, une hausse drastique de 33%?

Bonne question! Les gens en général n’en ont aucune idée. Ils ne conçoivent pas les conséquences désastreuses d’une hausse aussi importante mais estimeront d’emblée que l’industrie dramatise et exagère en brandissant les risques.

Aujourd’hui, nous mettons les points sur les « i » et les barres sur les « t », car nous avançons enfin un vrai chiffre sur la table : 40 590 $.

Voilà ce que cette mesure populiste coûtera de plus par année pour un petit dépanneur avec employés et qui fait à peine 10 000 $ de profit par année.

Comment en sommes-nous arrivés à ce chiffre? C’est très simple. Tout est sur le tableau détaillé que vous pouvez téléchargez ICI.

Le tableau de simulation du salaire minimum à 15$ est téléchargeable en format pdf en cliquant sur cette image.
Des coûts impossibles à soutenir pour un petit dépanneur

Pour arriver à ce montant, nous avons émis l’hypothèse d’un petit dépanneur qui emploie un minimum de personnel sur le plancher à salaire minimum.

Notre petit dépanneur a le profil suivant :

  • Il est ouvert tous les jours de l’année de 6h à 23h, soit 17 heures par jour, 119 heures par semaine et 6 205 par année;
  • Il fait travailler en moyenne 1,5 employé sur le plancher en tout temps (soit un employé seul à la caisse durant la moitié de la journée et deux employés durant l’autre moitié);
  • Donc, il doit rémunérer 178,5 heures de travail par semaine et 9 307,50 heures par année.

Bien sûr, nous savons tous qu’une foule de dépanneurs n’ont pas les moyens de payer des employés au salaire minimum et que c’est le propriétaire lui même qui assure les 6 205 heures de présence nécessaires sur le plancher. Cette situation extrême n’est toutefois pas saine et relève davantage de la survie. L’idéal en général est d’avoir toujours un employé sur place, parfois deux de sorte que le propriétaire peut se concentrer sur la gestion comme par exemple les commandes, l’administration, la comptabilité et les opérations en général.

Donc, ayant déterminé le nombre d’employés et le nombre d’heures requis, notre dépanneur paie déjà ceci :

  • 11,25 $ / heure au salaire minimum + 1,83 $ en bénéfices = 13,08 $ de l’heure;
  • 2 335,33 $ par semaine, tout inclus (salaires et bénéfices);
  • 121 771,78 $ de salaires par années, bénéfices inclus.

Du jour au lendemain ou presque, le gouvernement hausse le salaire minimum à 15$/heure. Voici l’impact :

  • 15,00 $ / heure au salaire minimum + 2,54 $ en bénéfices = 17,54 $ de l’heure;
  • 3 130,89 $ par semaine, tout inclus (salaires et bénéfices);
  • 163 241,91 $ de salaires par années, bénéfices inclus.

La différence est donc frappante : c’est 40 590,59 $ de plus pour la même main d’oeuvre qu’avant!

La question à se poser est la suivante : où diable nos amis dépanneurs vont-ils aller puiser 40 000 $ de nouveaux revenus pour défrayer cette dépense additionnelle?

  • Les marges de Loto-Québec? Elles n’ont jamais augmenté depuis 30 ans.
  • Le prix minimum de la bière? Il augmente à peine au rythme de l’inflation.
  • Les ventes de tabac? Le gouvernement fait tout pour détruire le marché.
  • Les ventes de cannabis? Le gouvernement ne veut rien savoir de confier celle-ci aux dépanneurs.
  • Les frais d’électricité? Hydro-Québec annonce des hausses plus importantes à venir.
  • Les frais compensatoires de la consigne? Ils n’ont pas bougé depuis 30 ans.

La seule chose qui pourrait donner un peu d’oxygène aux dépanneurs serait d’éliminer les frais de carte de crédit qui totalisent 36 000 $ par année en moyenne. Mais c’est un enjeu de juridiction fédérale, tandis que le salaire minimum est de juridiction provinciale.

Autrement, vous l’avez deviné : la solution évidente est de simplement réduire le temps de travail, soit le tiers environ des heures.

Donc, on voit clairement ici l’équation directe entre la hausse du salaire minimum et le chômage : plus on rend le travail artificiellement cher, plus on incite les employeurs à trouver les moyens de s’en passer.

Incroyable ensuite d’entendre des politiciens de Québec Solidaire ou le Parti québécois vanter le salaire minimum à 15$ comme une mesure extraordinaire, comme si l’argent poussait dans les arbres!

Le plus triste est de constater que ces partis n’hésitent pas à sacrifier l’industrie fragile des dépanneurs simplement pour tenter de séduire une clientèle de voteurs qu’ils estiment crédules.

DepQuébec

Cet article est rédigé par DepQuébec, le premier portail web au Québec de l'industrie des dépanneurs. / This article is written by DepQuebec, the first web portal devoted to the Quebec depanneur industry.

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