Les dépanneurs sortent grands perdants du règne économique libéral

Dans son dernier budget avant les prochaines élections, le gouvernement libéral a pigé dans la caisse pour en donner à tout le monde et son frère, ce que l’ensemble des médias ont souligné.

Il n’a haussé aucune taxe – même sur le tabac –  et réduit l’impôt sur les PME de moitié, soit de 8% à 4%.

Bonne nouvelle pour les dépanneurs, donc? En fait, pas vraiment.

Les chiffres montrent plutôt que les dépanneurs, loin d’en bénéficier, se retrouvent aujourd’hui dans une situation bien pire qu’en 2014, année où les libéraux ont pris le pouvoir.

Leur seule consolation est de se dire que ça aurait pu être encore pire, mais autrement, ce n’est pas mieux.

Et voici pourquoi.

Tout est dans les coûts de main d’oeuvre

Le modèle d’affaires des dépanneurs repose sur de minuscules profits accumulés sur un grand volume atteint après de longues heures d’exploitation.

Parce qu’il est ouvert 17 heures par jour en moyenne 365 jours par année, on parle en partant d’environ 100000$ en salaires incompressibles simplement pour avoir quelqu’un en magasin en tout temps.

À partir du moment où l’on hausse les coûts de main d’oeuvre — et ce, tant qu’on ne pourra robotiser ou offrir des dépanneurs libre-service — les coûts augmenteront et les profits chuteront.

Or, le fait d’avoir haussé le salaire minimum de 18,23 % depuis leur prise de pouvoir, en 2014, a littéralement coincé l’exploitant du petit dépanneur, l’obligeant à faire lui-même les longues heures en magasin plutôt que de s’occuper de l’administration du commerce.

Le tableau suivant illustre bien la situation.

En 2014, un dépanneur sans essence moyen réalisait des ventes d’environ 1,3 million par année pour une marge brute de 160000$ (12,25% des ventes) et un profit minuscule de 1600$, soit 1% de la marge brute environ.

Il y en a plusieurs qui sursautent en apprenant que la profitabilité des dépanneurs est aussi mince et serrée… mais pourtant, c’est bien le cas. C’est dur, mais c’est comme ça au pays des deps!

Depuis ces « belles » années, le gouvernement libéral a — dans sa grande sagesse — haussé le salaire minimum de 18,23 %, en plus des cotisations au Régime des rentes, qui sont passées de 5,18% à 5,40%.

La seule baisse consentie est la contribution au Fonds des services de santé (FSS) qui est passée de 2,7 % à 2,3%, et qui baissera encore dans les prochaines années pour atteindre 1,65%.

Mais de telles modifications ont en fait peu d’impact face au tsunami qu’est la hausse du salaire minimum, et qui devrait se poursuivre au même rythme, voire même s’accélérer, au cours des prochaines années, jusqu’à l’infini en fait.

Dans ce contexte, et une fois l’inflation intégrée et appliquée tant aux ventes qu’aux dépenses, le maigre profit en 2014 devient une lourde perte en 2018.

De sorte que la baisse du taux d’imposition des PME n’a plus d’effet puisque ce taux s’applique seulement sur les bénéfices de l’entreprise en fin d’année… mais oups, problème : ils ont tout simplement disparu!

Cela reste bien sûr une illustration grossière de la situation en cours mais quand même, tout à fait valable en principe.

Conclusion : les actions et politiques du gouvernement libéral ont continué de saper les conditions d’affaires des dépanneurs sur le plan règlementaire et fiscal. Celles-ci se détériorent sérieusement au point où le mouvement de consolidation en cours — les plus faibles tombent, les plus forts se renforcent — risque fort de se poursuivre dans les prochaines années, gracieuseté de MM. Couillard, Leitao et cie.

DepQuébec

Cet article est rédigé par DepQuébec, le premier portail web au Québec de l'industrie des dépanneurs. / This article is written by DepQuebec, the first web portal devoted to the Quebec depanneur industry.

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