Metro a raté une belle occasion en or de ne rien faire en 2013

Il y a quelqu’un chez Metro qui a dû s’en mordre les doigts. Pendant longtemps.

Imaginez.

Depuis qu’elle avait cédé à Couche-Tard son réseau de 75 dépanneurs Sept-Jours en 1987 pour 4,3 millions $ payés en actions, Metro attendait patiemment le bon moment pour liquider les actions obtenues en échange, qui ont fini par totaliser 20 M d’action A et B en tout (moitié moitié).

Le président et chef de la direction de Metro, Éric R. La Flèche, siégeait d’ailleurs au Conseil de Couche-Tard et durant 26 longues années au cours desquelles le cours de l’action a végété pour la plupart, Metro s’est patiemment assis sur son portefeuille comme seul Warrent Buffett l’aurait fait.

Puis, en 2012, l’action bondit : l’année est marquée par l’achat de Statoil Fuel&Retail (SFR), faisant de la société fondée par Alain Bouchard le plus grand exploitant de dépanneurs en Scandinavie en 2012 avec l’acquisition des 2300 stations-service de SFR en juin au prix de 3,6 milliards, incluant la dette (source : La Presse).

L’action passe alors de 29,85 $ à 49,28 $, un bon de 66 %.

Nous sommes début 2013, au terme d’une année de rêve pour les investisseurs. Et c’est à ce moment précis qu’un grand génie, chez Metro, choisit alors de liquider la moitié de son portefeuille, soit 10 M d’actions, au prix de 47,90 $, soit 479 M $.

Certes, la transaction est profitable : un demi-milliard de dollars, ce n’est pas rien.

Mais comble de malheur, les trois années suivantes allaient s’avérer les plus payantes de toute l’histoire de l’actionnariat de Couche-Tard.

La situation se résume donc comme ceci :

  • Metro vend un bloc de 10 M d’actions le 23 janvier 2013 au prix de 47,90$ l’unité, pour un total de 479 M$;
  • Un an plus tard (22 janvier 2014), l’action valait 80,97 $ CAD, de sorte que le même bloc d’action valait 809,7 M$, soit 330,7 M$ de plus;
  • Deux ans plus tard (27 janvier 2015), l’action valait 139,80 $ CAD, pour un bloc qui vaut maintenant 1398 M$, soit 919 M$ de plus;
  • Trois ans plus tard (27 janvier 2016), l’action valait 186,03 $ CAD, pour un bloc qui vaut maintenant 1860 M$, soit 1381 M$ de plus!*

Autrement dit, Metro n’avait qu’à rester assis bien sagement et vlan : elle aurait vendu son bloc QUATRE FOIS PLUS CHER, soit 1,9 milliard$ au lieu de 479 M$, un gain additionnel colossal de 1,4 milliard$ dans ses coffres, à ne rien faire (avant impôt)!

Pour vous dire à quel point c’est une fortune : cela représente environ deux ans et demi de bénéfices annuels chez Metro! Oui : deux ans et demi de dur labeur, de peines et de misère!

Il fallait juste attendre trois ans de plus, alors que ça faisait 26 ans qu’on attendait.

Bien sûr, on rétorquera qu’il est facile de porter de pareils jugements avec du recul et c’est en partie vrai. Et comme circonstances atténuantes, on ajoutera qu’au moins, Metro n’a vendu que la moitié de ses actions.

Aussi, Metro fait tout de même un profit fantastique pour la vente de seulement 75 dépanneurs (aprés 26 ans d’attente toutefois) en plus d’avoir gagné un partenaire d’affaires en Couche-Tard. Oui, tout cela est vrai.

Mais quand même! Il n’en demeure pas moins que c’est une décision qui — oui on peut le dire — a coûté au bas mot 1,4 milliard $ de gains manqués.

C’est une somme incroyable, 1,4 milliard $!  Une somme perdue à cause d’une seule petite décision!

La semaine dernière, Metro annonçait vendre la quasi-totalité du restant de ses 10 M d’actions (maintenant rendues 30 M depuis le fractionnement) pour financer l’acquisition de Jean-Coutu.

Voilà au moins une bonne raison de vendre, après que l’action ait monté de 15 fois (de 12$ au plus bas à 180 $ au plus haut) et qu’elle ait plafonné depuis deux ans.

Mais pour ce qui est de 2013, comme dirait les Anglais : « bad move »!

 

*Note: les montants indiqués ne tiennent pas compte du fractionnement de l’action en trois entre 2013 et aujourd’hui.

Source : Yahoo Finance

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