Salaire minimum à 15 $ : vent de panique en Ontario

« Des conséquences dramatiques et imprévues »« des effets pervers alarmants »… « une incertitude significative, soudaine et abrupte pour les emplois, l’économie et les communautés ontariennes »….

Non, il ne s’agit pas ici de menace terroriste, de changement climatique ou même de renégocier l’ALENA avec Donald Trump. Ces termes apocalyptiques sont ceux, soigneusement choisis, pour décrire les effets hautement prévisibles de la hausse drastique prochaine du salaire minimum en Ontario selon la très sérieuse Chambre de commerce de l’Ontario qui vient tout juste de dévoiler une étude alarmiste à ce sujet.

Selon les estimations d’un comité d’experts, on y apprend que :

  • Les entreprises devront absorber un coût additionnel de 23 milliards $ au cours des deux prochaines années;
  • 185 000 emplois en Ontario sont à risque immédiat de disparition au cours des prochaines deux années;
  • 30 000 de ces emplois visent des 25 ans et moins;
  • 96 000 employés à risque sont des femmes;
  • 50 % d’augmentation de l’inflation pour la prochaine année et le futur rapproché. Les coûts des biens et services courants vont augmenter de 1 300 $ par ménage en moyenne chaque année;
  • Le gouvernement ontarien devra vraisemblablement emprunter un autre 440 million $ pour couvrir les augmentations de coûts découlant de cette réglementation.
  • Les municipalités, pour leur part, devront payer 500 million $ de plus en salaires sans aucun revenu additionnel pour compenser ces dépenses.

En guise de réponse, le gouvernement rétorque « qu’il convient de s’attaquer au fait que ceux et celles qui travaillent 40 heures par semaine doivent se maintenir au-dessus du niveau de la pauvreté ».

Mais si ces gens perdent leur emploi, à quoi bon une telle mesure? Est-il préférable qu’ils restent chez eux à ne rien faire?

Aussi, qu’en est-il de ceux qui gagnent présentement 15 $ de l’heure après plusieurs années d’expérience et qui verront les nouveaux arrivés gagner autant qu’eux? Il faudra naturellement les compenser en leur versant davantage, soit 18 $ à 20 $ l’heure! C’est donc toute l’échelle salariale, et non pas seulement ceux au salaire minimum, qui s’en trouve bousculée à la hausse!

L’économie ontarienne va sans doute pouvoir tirer son épingle du jeu car elle est très forte et diversifiée, mais une chose et sûre : appliquer une telle mesure au Québec, qui demeure le roi et maître incontesté de la péréquation au Canada, serait une véritable catastrophe économique et le mot est faible.

Le plus ironique de la chose est que dans la même journée paraissait une entrevue dans les médias québécois de Gabrielle Lemieux, 31 ans, nouvelle présidente du Parti québécois, dans laquelle celle-ci identifie comme solution au manque de popularité de son parti le fait que ses propositions ne sont pas encore assez connues, notamment celle d’augmenter le salaire minimum à 15 $!!!

Décidément, le bon sens économique semble faire cruellement défaut des deux côtés de la rivière Outaouais mais heureusement, ni le PQ, ni Québec Solidaire qui propose la même chose, n’ont à date de grands espoirs de former le prochain gouvernement. Que le Ciel nous en garde!

Et aujourd’hui, dans le Journal de Montréal, le patron de McDonald’s au Canada, John Betts, en réponse à une question sur le salaire minimum à 15$, dit pouvoir s’en accommoder, en ajoutant toutefois que les plus petites entreprises auront plus de difficulté que la sienne à s’adapter. Mais que pourrait-il bien répondre d’autre à une telle question?

Le Québec n’est pas en manque de politiciens affamés de mesures populistes. Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, trépigne à l’idée d’augmenter lui aussi le salaire minimum à 15$ l’heure et sa présidente croit même que de promouvoir cette idée saugrenue et sans fondement est la solution parfaite pour accroître la popularité de sa formation politique.

DepQuébec

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